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A Ruinart Tasting

Meeting the overly talented Caroline Fiot, Winemaker at Champagne Ruinart was a blessing. Her agronomic engineer approach to wine is enlightening with a precision in her description that made me love Ruinart even more. If that’s possible!

Champagne Ruinart, as the first established Champagne house in 1729, is quite unique. The House was founded by Nicolas Ruinart whose uncle, a Benedictine monk, Dom Thierry Ruinart had an intuition. He felt that the new “wine with bubbles”, developed in his native Champagne was promised a bright future. This was one year after a Royal Decree in 1728 whereby Louis XV gave his consent for sparkling wines to be shipped. In the mid-18th century, Ruinart acquired chalk quarries just outside of Reims. It is now the very well-known Crayères classified as a historical monument by the UNESCO in 1931. Frédéric Panaïotis is the cellar master since 2007 and it is under the shade of the LVMH group that Ruinart has developed its very own style and personality famous for its Blanc de Blancs, with its distinctive and quite beautiful bottle shape

R de Ruinart Brut

This is their signature cuvee, with the most production. While it’s not destined to every market, here in Quebec, it’s the best seller of Ruinart. The style is very different than other cuvee with a way more approachable taste. Its style is more reductive and slightly oxidative and vinous. Some exotic aromas are also hinting between the texture of the Champagne. While most of the house uses Chardonnay as its emblem, R de Ruinart is based on a majority of Pinot Noir.

Blanc De Blancs

The blanc de Blancs has way more personality than the R de ruinart. 80% of the grapes comes from premier cru vineyards. Of course, as part of LVMH Ruinart has access to a very vast array of vineyards for their production but they have such a strong independent image that they also have right of inspection on new land purchases. The very characteristic of the Blanc de Blancs is its incredible balance between freshness, elegance and its creaminess that is soft and Fine. Even the aromas are unique based on jasmine and Ginger but also crackers and brioche.

Tip!! Magnum of Ruinart Blanc de Blancs will soon be available 😉

Rosé

Ruinart was the first house to make a rosé in 1764. Before, the color was added with elderberry syrup. Of course, the style was different at that time, but I think it’s very interesting to understand the evolution. Ruinart has always had quite a deep rosé color, with 16 to 18% red wine added it’s more than most other houses. Expect a taste filled with minty morello cherries and strawberries.

Ruinart

Rencontrer la talentueuse Caroline Fiot, œnologue chez Champagne Ruinart a été une grande opportunité. Son approche du vin en tant qu’ingénieur agronome est éclairante avec une précision dans sa description qui m’a fait aimer Ruinart encore plus. Si c’est possible!

Le Champagne Ruinart, première maison de Champagne établie en 1729, est assez unique. La maison a été fondée par Nicolas Ruinart dont l’oncle, un moine bénédictin, Dom Thierry Ruinart, avait une intuition. Il a estimé que le nouveau «vin à bulles», élaboré dans sa Champagne natale, était promis à un brillant avenir. C’était un an après un décret royal de 1728 en vertu duquel Louis XV donna son accord pour l’expédition de vins mousseux. Au milieu du XVIIIe siècle, Ruinart acquit des carrières de craie juste à l’extérieur de Reims. C’est maintenant le très célèbre Crayères classé monument historique par l’UNESCO en 1931. Frédéric Panaïotis est maître de chai depuis 2007 et c’est sous l’ombre du groupe LVMH que Ruinart a développé son propre style et sa personnalité célèbre pour son Blanc de Blancs, avec sa forme de bouteille distinctive et assez belle

R de Ruinart Brut

C’est leur cuvée de signature, avec le plus de production. Même s’il n’est pas destiné à tous les marchés, ici au Québec, c’est le best-seller de Ruinart. Le style est très différent des autres cuvées avec un goût beaucoup plus abordable. Son style est plus réducteur et légèrement oxydant et vineux. Quelques arômes exotiques font également allusion à la texture de la Champagne. Tandis que la plupart de la maison utilise le chardonnay comme emblème, le R de Ruinart est composé majoritairement de pinot noir.

Blanc De Blancs

Le blanc de blancs a beaucoup plus de personnalité que le R de ruinart. 80% des raisins proviennent de vignobles de premier cru. Bien entendu, dans le cadre de LVMH, Ruinart a accès à un très grand nombre de vignobles pour leur production, mais leur image indépendante est tellement forte qu’ils ont également le droit de parole sur les nouvelles acquisitions de vignobles. La particularité du Blanc de Blancs est son incroyable équilibre entre fraîcheur, élégance et son onctuosité douce et fine. Même les arômes sont uniques à base de jasmin et de gingembre, mais aussi de craquelins et de brioche.

Attention!! Des Magnum de Ruinart Blanc de Blancs seront bientôt disponible;)

Rosé

Ruinart fut la première maison à faire un rosé en 1764. Auparavant, la couleur était ajoutée avec un sirop de sureau. Bien sûr, le style était différent à cette époque, mais je pense que c’est très intéressant de comprendre l’évolution. Ruinart a toujours eu une couleur rosée assez profonde, avec 16 à 18% de vin rouge ajouté, plus que la plupart des autres maisons. Attendez-vous à un goût plein de cerises et de fraises mentholées.

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Poças centenary

The Poças porto house is turning centenary. 100 years old family business, 100 years of dedicated production, this call for celebration, don’t you think?

Let’s explore the history of Poças through their vintages and Colheita. We know a wineries story is told through their wine and those that have the chance of having a generous and tell-tale wine library has truly the best archive they could hope for. What’s even better is when estate decides to share these archives and rare expression of a specific past. Each of those bottles represents a huge sentimental value. Just the 1963 Vintage has no more than 40 bottles left in their cellars. It’s part of the very first time they actually made Vintage wines, their first being 1960.

The Poças family is relatively a newcomer in port winemaking. They started as a brandy producer in 1918 but had to sell the distillery in 1934 when the Salazar regime imposed a monopoly on the distribution of Aguardente to fortify port. Nowadays, Manuel Poças junior, the founder’s grandson runs the company, with the purchase of Quinta Das Quartas in baixa corgo where wines from all of Poças’ quintas have been made ; Quinta Santa Barbara in Cima Corgo used to produce some of Poças’ finest Vintages and LBV Ports; and Quinta De Vale De Cavalos in the Douro Superior, the biggest estate with 51 ha.

Keep in mind, that their production is not exclusive to Porto. You’ll find great Douro Wines from Poças.  Even the Vale de Cavalos White is to be expected and enjoyed.

Vintage 1963

1963 has a tawny nose with a ruby taste. It smells of orange, nuts but also with some dried fruits aromas left. It’s development was a good surprise with marmalade flavors yet a touch of nail polish.

Vintage 1970

Considered as one of the great vintages of all time. The color is hazy with a broken down orange tone. It has a very deep smell and taste.

Vintage 1985

Bright brick, very beautiful sight. It’s surprisingly empyreumatic and nutty. It’s a state between developing and developed.

Vintage 1997

Closed off for now, It’s at a shy stage. It’s a mix of earthy and fruity aromas.

Vintage 2016

Distinctive table grape taste but with such great intensity. Of course, with such youth we’re only looking at potential. From the length and intensity, I’m calling 2016 to show-off great assets in the future.

Colheita 2008

The warmth on the palate announced it would’ve needed more time to decently combine.

Colheita 1992

Very expressive and impressive. Just a sniff and you understand what true joy comes with old porto.

Colheita 1988

As expressive as 1992 yet with a more elegant, fancy and fresh style.

Colheita 1976

The warmth on the finale makes It’s completely closed off.

Colheita 1964

It might have been great, but right now the finale is very simple. The aromas are still fresh and interesting but it loses all intensity on the palate.

La maison de Porto Poças fête son centenaire. 100 ans d’entreprise familale, 100 ans de production dédiée, c’est un appel à la fête, vous ne pensez pas?

Explorons l’histoire de Poças à travers leurs Vintages et Colheitas. Nous savons qu’une histoire de vignobles est racontée dans leur vin et que ceux qui ont la chance de disposer d’une bibliothèque de vins généreuse et révélatrice ont vraiment les meilleures archives qu’ils peuvent espérer. Ce qui est encore mieux, c’est lorsque cette compagnie décide de partager ces archives et la rare expression d’un passé particulier. Chacune de ces bouteilles représente une énorme valeur sentimentale. Rien que le millésime 1963, il ne reste plus que 40 bouteilles dans leurs caves. Cela fait partie des toutes premières fois où ils produisent réellement des vins Vintage, leur premier étant 1960.

La famille Poças est relativement nouvelle dans la production de porto, du moins en comparaison. Ils ont travaillé comme producteur de brandy en 1918 mais ont dû vendre la distillerie en 1934 lorsque le régime de Salazar a imposé un monopole sur la distribution d’Aguardente pour fortifier le porto. De nos jours, Manuel Poças junior, le petit-fils du fondateur, dirige l’entreprise, avec l’achat de Quinta Das Quartas en baixa corgo où tous les vins de Poças sont fabriqués; Quinta Santa Barbara à Cima Corgo produisant certains des meilleurs portos millésimés et LBV de Poças; et Quinta De Vale De Cavalos dans le Douro Superior, le plus grand domaine avec 51 ha.

Vintage 1963

1963 a un nez de tawny avec un goût de ruby. Ça sent l’orange, la noix mais aussi avec quelques arômes de fruits secs. Son développement a été une bonne surprise avec des arômes de marmelade et une touche de vernis à ongles.

Vintage 1970

Considéré comme l’un des grands millésimes de tous les temps. La couleur est trouble avec un ton orange cassé. Il a une odeur et un goût très profonds.

Vintage 1985

Brique brillante, très belle vue. C’est étonnamment empyreumatique et noisette. C’est un état entre développement et développement.

Vintage 1997

Fermé pour l’instant, il est à un stade timide. C’est un mélange d’arômes terreux et fruités.

Vintage 2016

Goût de raisin de table distinctif mais avec une telle intensité. Bien sûr, avec une telle jeunesse, nous ne cherchons que du potentiel. De par sa longueur et son intensité, je désignerais 2016 pour montrer de grands atouts à l’avenir.

Colheita 2008

La chaleur en bouche a annoncé qu’il aurait fallu plus de temps pour se marier décemment.

Colheita 1992

Très expressif et impressionnant. Juste à humer un peu et vous comprenez quelle joie véritable vient avec le vieux porto.

Colheita 1988

Aussi expressif que 1992 mais avec un style plus élégant, sophistiqué et frais.

Colheita 1976

La chaleur sur la finale le rend complètement fermé, malheureusement.

Colheita 1964

C’était peut-être bien, mais pour l’instant, la finale est très simple. Les arômes sont toujours frais et intéressants mais il perd toute intensité en bouche.

N’oubliez pas que leur production n’est pas exclusive au Porto. Vous trouverez d’excellents vins du Douro de Poças. Même le Vale de Cavalos blanc est à anticiper et à apprécier.

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The rise of Rosé – Its popularity in three phases

 

Rosé has been discussed exponentially for a few years. More than a craze, we note downright a community, a lifestyle based around this specific type of wine. There is no doubt it is a category that has had its fair share of ups and downs. Formerly, seen as a wine of very low quality, a by-product and I do not even speak of the sexist trait that could be attributed to it. Rosé has not always been in the spotlight, but overnight, as soon as the first signs of the beautiful season arrive, it is a pinkish wave that invades us. The image and the discourse have changed regarding this summer wine par excellence, but what were the causes and the consequences of this change of soul?

Phase 1: Rosé as a by-product

We must not forget that the wines from antiquity were rather clear. Already in the sixteenth and seventeenth centuries, there are references to clear wines (Vinum Clarum) including in Provence. At the same time, we could also mention the Bordeaux clarets, vins paillets, vins de mère-goutte (vin de goutte), or even vins gris de perle (South of France). It was Dr. Jules Guyoy who, in 1860, at the request of Napoleon III, established a basic definition of rosé wines based on a short vatting time. Late nineteenth century, Pasteur speaks in his study, of a wine “Tavel way”. That gave this region the right to claim the title of “First Rosé de France“. It is now Provence that has become the center of this style, as the first region of production. The trend has obviously turned to more consistent wines and rosé has been forgotten for a few decades. In France, it could still be found, but only as a residue of production or maceration errors. If a winery produced a rosé, it was more likely that it was an afterthought, something to complete the range. Once the juice for red wine was squeezed and produced, the remains were mainly drunk by people along the Mediterranean as a light drink during the hot months. Consumption was only local, with little interest and certainly no qualitative appeal. The image of the rosés in this first phase was instead built on the only available pink bottles – candy wines, too sweet to be taken seriously. A particularly mild Portuguese rosé was a hit in the 70s and Blush Wines or American White Zinfandels in the 90s followed with always a peak of sugar. This category is changing now and more and more vineyards are persuaded to invest in the production of high-end rosé wines, with prices up to par.

Phase 2: The serious rosé

There is change now and more vineyards are persuaded to invest in the manufacture of high-end rosé wines, with prices up to par. During the 1990s, the producers of Provence, where most of the rosés come from, but also from elsewhere, began to take seriously the manufacture of rosé that would be good and that would sell. They started to designate vineyards to grow grapes specifically for rosé. Although there is a great diversity, the trend is towards rather dry wines, paler and more refined than ever. In addition to the clarification, we note diversity in terms of grape varieties, although without mention on the label in 80% of cases, and provenance. Production does not come only from traditional countries like France, but also from Spain, Italy, Greece, New Zealand, South Africa, etc. Producers want to free these wines of their reputation as “thirsty wines”, “easy to drink” or “girls’ wines”. The current upward trajectory of the popularity of rosé wine is directly related to the increase in quality and drastic style change. Rosé wines have good acidity, regardless of grape variety, and blend well with white meat and sweet and savory foods. They do not really have tannins, but rather an undisputed freshness, which makes them versatile. These are not hard-hitting wines, but definitely thirst-quenching.

Obviously, in the face of increasing world demand, production is strongly stimulated. In 2014, rosé accounted for 10% of still wine sales in the world, a figure that is steadily rising. (OIV) This renewed interest in high-end rosé has definitely attracted more vintners to invest in this category. Ultra-Premium Rosés are a recent phenomenon in Côtes de Provence. Since 2006, Château d’Esclans with their Cuvée Garrus has shown the way to others by pushing the limits, at least in terms of price. A certain lifestyle has associated with rosé. It’s pink, it’s fresh, it’s everywhere! It’s a synonym for summer, an excellent replacement for beer and extremely popular. There is even an international day of rosé every fourth Friday of June, an initiative of the International Organization of Rosé in Provence. Events accumulate such as the huge pink picnic (Pinknic) that takes place every year in New York. Another sign of this rise in popularity is the volume of research concerning it on Google trends marked by a meteoric rise for the last 5 years.

Phase 3: The obsession with a lifestyle #yeswayrosé #roséallday

If attention to quality and special cuvées are successful in restoring rosé to its nobility, it is not these rare wines that touch the $ 100 mark that represent the majority of sales. The increase in consumption is rather driven by millennials. The visual aspect of Rosé with soft colors lends itself perfectly to the game of social networks. It is an obsession with instagram and there is a community, a niche specifically dedicated to rosé. However, it’s not just the thirsty young people in their twenties who created this movement, but rather a combination. Rosé is appreciated as much in the wine community, by the professionals, the amateurs of wines; than in the digital community as a lifestyle and not consumer products. The projected image is rather festive and carefree. Whatever the quality of what you drink, dry or slightly sweet, still or sparkling, the glass or down to the bottle, the important thing is to be seen with rosé!

Yet, wouldn’t this be a step back? All this work to raise the category to a higher level to fall back to something simple and casual. The market and sales continue to grow worldwide. However, it now includes aromatised wine-based drinks, the rise of Moscato, the new terms invented as Frosé or Brosé (Rosé for men). Global and local statistics already show a slowdown in most markets and there will certainly be aftershocks.

In 2009, the Ministry of Agriculture of the European Union had suggested a project to allow the production of rosé from a mixture of red and white wines, as it is only allowed in Champagne for the European zone. This was abandoned quickly. European producers of traditional rosé protested vigorously, insisting that the program would undermine the quality image of rosé. An image that remains fragile for the moment. One can easily notice that there is a gap between the popular approach and the sommellerie, where the approach of the rosé remains accessory. The wine lists do not attach great importance and the teaching about it remains basic and marginal. The new “pink pool” style could succeed in tarnishing the image of rosé, otherwise a certain duality could be established. It remains that for the moment, the place of rosé is still uncertain: at our table, paired with the most delicate dishes or only with the swimming pool paired with flamingos and inflatable unicorns.

 

La montée du Rosé – Sa popularité en trois phases

Le rosé fait parler de lui de façon très exponentielle depuis quelques années. Plus qu’un engouement, on note carrément une communauté, un style de vie basé autour de  ce type précis de vin. Il n’y a aucun doute, c’est une catégorie qui a eu sa juste part de hauts et de bas. Autrefois, vu comme un vin de très basse qualité, un sous-produit et je ne parle même pas du trait sexiste qui pouvait lui être attribué. Le rosé n’a pas toujours été sous les projecteurs, mais du jour au lendemain, dès que les tout premiers signes de la belle saison arrivent, c’est une vague rosâtre qui nous envahit. L’image et le discours ont changé concernant ce vin d’été par excellence, mais qu’elle a été la cause et les conséquences de ce changement d’âme?

Phase 1 : Le rosé comme sous-produit

Il ne faut pas oublier que les vins dès l’antiquité étaient plutôt clairs. Déjà aux XVIe et XVIIe siècles, on retrouve des références aux vins Clairs (Vinum Clarum) notamment en Provence. Au même moment, nous pourrions aussi mentionner les clairets Bordelais, les vins paillets, vins de mère-goutte (vin de goutte), ou même de vins gris de perle (sud de France). C’est le docteur Jules Guyoy qui, en 1860, à la demande de Napoléon III, a établi une définition de base des vins rosés fondée sur un temps de cuvaison court. Fin XIXe siècle, Pasteur parle dans son étude, de vin « façon Tavel ». Ce qui donna à cette appellation le droit de revendiquer le titre de « 1er Rosé de France ». C’est maintenant la Provence qui est devenue le centre de ce style, en tant que première région de production. La tendance a évidemment tourné vers des vins plus consistants et le rosé a été oublié pendant quelques décennies. En France, on pouvait encore en retrouver, mais seulement à titre de restes de production ou d’erreurs de macération. Si une cave produisait un rosé, il était plus probable que ce soit une réflexion après coup, quelque chose pour compléter la gamme. Une fois que le jus destiné au vin rouge était pressé et produit, les restes étaient principalement bus par les gens le long de la Méditerranée comme une boisson légère pendant les mois chauds. La consommation était seulement locale, sans grand intérêt et certainement aucun d’attrait qualitatif. L’image des rosés dans cette première phase s’est plutôt bâtie sur les seules bouteilles roses disponibles – des vins bonbons,  trop sucrés pour être pris au sérieux. Un rosé doux portugais en particulier a fait fureur dans les années 70 et les Blush wines ou white zinfandels Américains dans les années 90 ont suivi avec encore et toujours plus de sucre. Cette catégorie change maintenant et de plus en plus de vignobles sont persuadés d’investir dans la fabrication de vins rosés haut de gamme, avec des prix à la hauteur.

Phase 2 : Le rosé sérieux

Il y a du changement maintenant et de plus en plus de vignobles sont persuadés d’investir dans la fabrication de vins rosés haut de gamme, avec des prix à la hauteur. Au cours des années 1990, les producteurs de Provence, d’où viennent la plupart des rosés, mais aussi d’ailleurs, ont commencé à prendre au sérieux la fabrication d’un rosé qui serait bon et qui se vendrait. Ils ont commencé à désigner des vignobles pour cultiver des raisins spécialement pour faire du rosé. Bien qu’il y ait une grande diversité, la tendance est aux vins plutôt secs, toujours de plus en plus pâles et raffinés que jamais. Outre, l’éclaircissement, on note une diversité au niveau des cépages, bien que sans mention sur l’étiquette dans 80% des cas, et de la provenance. La production ne vient pas seulement des pays traditionnels comme la France, mais aussi l’Espagne, l’Italie, la Grèce, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, etc. Les producteurs veulent les affranchir de leur réputation de « vins de soif », « facile à boire » ou « vins de filles ». La trajectoire ascendante actuelle de la popularité du vin rosé est directement liée à l’augmentation de la qualité et du changement de style drastique. Les rosés ont une belle acidité, peu importe le cépage, et s’harmonisent bien avec la viande blanche et les aliments sucrés et salés. Ils n’ont pas vraiment de tanins, mais plutôt une fraicheur incontestée, ce qui les rend polyvalents. Ce ne sont pas des vins percutants, mais décidément désaltérants.

Évidemment, face à la demande mondiale croissante, la production en est fortement stimulée. En 2014, le rosé représentait 10% des ventes de vins tranquilles au monde, un chiffre continuellement en hausse. (OIV) Ce regain d’intérêt pour le rosé haut de gamme a définitivement attiré plus de vignerons à s’investir dans cette catégorie. Les Rosés Ultra-Premium sont un phénomène récent en Côtes de Provence. Depuis 2006 seulement, Château d’Esclans avec leur Cuvée Garrus a montré le chemin à d’autres en repoussant les limites, du moins au niveau du prix.  Un certain style de vie s’est associé au rosé. C’est rose, c’est frais, c’est partout! C’est un synonyme d’été, un excellent remplacement pour la bière et extrêmement en vogue. Il y a même une journée internationale du rosé tous les quatrièmes vendredis de juin, une initiative de l’Organisation International du Rosé en Provence. Les événements s’accumulent comme par exemple l’immense pique-nique rosé (Pinknic) qui prend place chaque année à New York. Un autre signe de cette montée en popularité est le volume de recherche le concernant sur Google trends marqué d’une ascension fulgurante depuis les 5 dernières années.

Phase 3 : L’obsession d’un style de vie #yeswayrosé #roséallday

Si l’attention à la qualité et les cuvées spéciales on réussit à redonner ses lettres de noblesse au rosé, ce ne sont pas ces vins rares frôlant la barre des 100$ qui représentent la majorité des ventes. L’augmentation de la consommation est plutôt entraînée par les milléniaux. L’aspect visuel du Rosé aux couleurs tendres se prête parfaitement au jeu des réseaux sociaux. C’est carrément une obsession sur instagram et il y a une communauté, une niche spécialement dédiée au rosé. Toutefois, ce ne sont pas seulement les jeunes, dans la vingtaine, assoiffés qui ont créé ce mouvement, mais plutôt une combinaison. Le rosé est apprécié autant dans la communauté viticole, par les professionnels, les amateurs de vins; que dans la communauté numérique en tant que style de vie et non de produits de consommation. L’image projetée est plutôt festive et insouciante. Peu importe la qualité de ce que l’on boit, sec ou sournoisement sucré, tranquille ou pétillant, au verre ou carrément à la bouteille, l’important c’est d’être vu avec du rosé!

Pourtant, ne serait-ce pas un retour en arrière? Tout ce travail pour élever la catégorie à un niveau supérieur pour retomber vers quelque chose de simple et tout-aller. Le marché et les ventes continuent d’augmenter mondialement. Toutefois,  il inclut maintenant les boissons aromatisées à base de vin, la montée du Moscato, les nouveaux termes inventés comme le Frosé ou le Brosé (Rosé pour homme). Les statistiques mondiales et locales montrent déjà un ralentissement au niveau de ce marché, depuis 2016 pour le Québec, et il y aura certainement des contrecoups.                                                                                          

En 2009, le ministère de l’agriculture de l’Union Européenne avait suggérer un projet visant à permettre la production de rosé à partir d’un mélange de vins rouges et blancs, comme il n’est permis qu’en Champagne pour la zone euro. Celui-ci a été abandonné promptement. Les producteurs européens de rosé traditionnel ayant protesté vigoureusement, insistant sur le fait que le programme porterait atteinte à l’image de qualité du rosé. Une image qui reste fragile pour l’instant. On peut facilement remarquer qu’il y a un décalage entre ce vin devenu populaire et la sommellerie, où l’approche du rosé demeure accessoire. Les cartes des vins n’y accordent pas une grande importance et l’enseignement le concernant reste basique et marginal. Le nouveau style « rosé de piscine » pourrait réussir à ternir l’image du rosé, sinon une certaine dualité pourrait s’instaurer. Il reste que pour l’instant, la place du rosé est encore incertaine : à notre table, en accord avec les mets les plus délicats ou seulement à la piscine en accord avec des flamants roses et des licornes gonflables.

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COTEAUX CHAMPENOIS – Red & Still Champagne, Really?

 

Coteaux champenois AOC is quite an odd appellation. Basically, it’s based on an exception and a need, a production of still red wine from Pinot Noir as well as Meunier destined to add color to gorgeously pink Champagne. The appellation is spread over and permitted on almost the entire region although it remains concentrated in the western part. White and rosé wines are also permitted but truly anecdotal in quantity. As a little-known appellation that has very specific characteristics as well as a direct utility, most of the time, it feels as if the parcels responsible for the production are better known and recognized than the produced wines themselves. Better even, the commune is often put forward on the Label, way before the appellation or the varietal itself. Bouzy, Pinot Noir Grand cru, Aÿ, Sillery, Cumières and Vertus is where you’ll find most of the esteemed Coteaux Champenois parcels.

With the growing popularity of Rosé Champagne, in North America and in Japan, the Coteaux Champenois is put to use more than ever in rosé blends. However, as still wine, these bottles with Agrafe Closure remain enigmatic whatsoever. It’s impossible to quantify the production as statistics are included in those of Champagne Sparklers.  They are considered rare wines for their small production and during shortages of grapes, the entire harvest is devolved to champagne. Some producers tend to hide them, deemed unfit of the great Champagne Image. Others displays them as a uncommon specialty but always with a price common to the Champagne Valorization.

The wines itself have a very specific taste. In term of style, think an in-between pinot Noir and Gamay. Overall quite light in term of structure with a purity of fruits mostly on Raspberries, strawberries, blackberries but always with an almost candied aspect. You may also find some spiciness in some case, especially in Cumières, even going towards a stick of cinnamon. With maturity, they are wines that get easily oxidized and develop quite fast towards very dried raisins, game and nuts. Let’s say it’s not the most exciting of aged wines.

Just to name some, Bollinger might be the most discussed with their Côte aux enfants, a mythical plot in Aÿ that took them 30 years to buy back & create a monopoly; Bérêche & Fils Les Montées Ormes rouge is based in Montagne de Reims; Maison Geoffroy is an ambassador of Cumières, Roederer and Veuve Clicquot have both announced their interest in making respectively their MAreuil-sur-Aÿ and Bouzy rouge available for purchase instead of a best kept secret for special guests at their house.

Quietly, the Coteaux Champenois might become a treasure hunt for specific and curious winelovers.

 

COTEAUX CHAMPENOIS – Le Champagne rouge et tranquille, vraiment?

L’ AOC Coteaux champenois est une appellation assez étrange. Fondamentalement, elle est basé sur une exception et un besoin, une production de vins rouges plats à base de pinot noir et de Meunier, destiné à ajouter de la couleur à un champagne magnifiquement rosé. L’appellation est répartie et autorisée sur presque toute la région, même si elle reste concentrée dans la partie ouest. Les vins blancs et rosés sont également autorisés mais véritablement anecdotiques en quantité. En tant qu’appellation peu connue qui présente des caractéristiques très spécifiques, ainsi qu’une utilité directe, il semble que les parcelles responsables de la production soient plus connus et reconnus que les vins produits eux-mêmes. Mieux encore, la commune est souvent mise en avant sur l’étiquette, bien avant l’appellation ou le cépage lui-même. Bouzy, Grand cru de Pinot Noir, Aÿ, Sillery, Cumières et Vertus sont les endroits où vous trouverez la plupart des parcelles estimées de Coteaux Champenois.

Avec la popularité croissante du champagne rosé, en Amérique du Nord et au Japon, les Coteaux Champenois sont plus que jamais utilisés dans les assemblages de rosés. Cependant, comme vin tranquille, ces bouteilles fermées avec Agrafe restent énigmatiques. Il est impossible de quantifier la production car les statistiques sont incluses dans celles des Champagne pétillants. Ils sont considérés comme des vins rares pour leur petite production et en cas de pénurie de raisins, toute la récolte est dévolue au champagne. Certains producteurs ont tendance à les cacher, jugés impropres à la grande image de la Champagne. D’autres les affichent comme une spécialité peu commune mais toujours à un prix commun à la valorisation du champagne.

Les vins eux-mêmes ont un goût très spécifique. En terme de style, pensez entre pinot noir et gamay. Globalement assez léger en terme de structure avec une pureté de fruits principalement sur les Framboises, les fraises, les mûres mais toujours avec un aspect presque confit. Vous pouvez également trouver un peu de piquant dans certains cas, notamment à Cumières, allant même vers un bâton de cannelle. A maturité, ce sont des vins qui s’oxydent facilement et se développent assez rapidement vers des raisins secs, du gibier et des noix très secs. Disons que ce n’est pas le plus excitant des vins vieillis.

Pour n’en nommer que quelques-uns, Bollinger pourrait être le plus discuté avec leur Côte aux enfants, parcelles mythique d’Aÿ qu’ils ont pris 30 and à racheter pour en créer un monopole; Bérêche & Fils Les Montées Ormes Rouge est basé à Montagne de Reims; La Maison Geoffroy est ambassadrice de Cumières. Roederer et Veuve Clicquot ont tous deux manifesté leur intérêt à ce que respectivement leur Mareuil-sur-Aÿ et Bouzy rouge soient disponibles à la vente et non le secret le mieux gardé de leurs invités.

Tranquillement, les Coteaux Champenois pourraient devenir une chasse aux trésors pour les amateurs de vin spécifiques et curieux.

 

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The latest vintages of Bollinger

Bollinger is always a treat. Whatever setting or occasion might bring you towards such a great champagne house; it’s always going to be a pleasure. For me, the last tasting was directly at the estate, so I was filled with curiosity, enthusiasm and nostalgy for another chance of a tasting.

Bollinger Special Cuvée

Special Cuvée showcases everything that distinguishes Bollinger. On tasting, I found a slight oxidation on the fruit aspect, but mostly texture and density. The Pinot Noir is quite apparent in the blend yet it’s joined by some ripe citrus fruit and a lovely creamy autolytic. It’s something as savory as fresh Madeleine. The creaminess is overflowing, so much that the acidity and sparkling aspect gets completely integrated in the texture.

Bollinger Rosé

A rosé ever so slightly tannic. Still heavily textured, not as much as the special cuvee, but enough to be recognizable as a Bollinger product. It tastes like bitter orange and smoked salmon with a chive cream.

Bollinger la grande année 2007

With various other houses putting their 2008 on the market, it seems like it’s everything we hear of these times. However, let’s not forget the thrill and quality of 2007 either. La grande Année 2007 is nothing short of a Grand Champagne. It’s creamy and fruity with aromas of Mango and strawberries but most definitely a delicate confectionery pastry character. It’s extremely perfumed with a soft velvety finish.

Bollinger La grande Année 2007 Rosé

This champagne has a general complexity which is outstanding, a charm that reside in its blend of red fruits/citrus fruits/ blood orange/ floral side. This gives it a evolved but delicate balance.

RD 2004

I’ll be honest; I’m not the client this type of champagne calls for. The racy and tightness brought by extra brut, little dosage has yet to impress me. It’s a gastronomic delicacy that misses the pleasure to drink that I expect from champagne. I’ll admit R.D. 2004 is especially precise and mature with a mineral backbone. It’s bold, brilliant and the round texture does help to contrast the low dosage.

 

Bollinger est toujours un régal. Quel que soit le cadre ou l’occasion qui vous mènera vers une si grande maison de champagne; ça va toujours être un plaisir. Pour moi, la dégustation précédente a eu lieu directement à la propriété, ce qui m’a rempli de curiosité, d’enthousiasme et de nostalgie d’une autre occasion de dégustation.

Bollinger Spécial Cuvée brut

La Spécial Cuvée présente tout ce qui distingue Bollinger. À la dégustation, j’ai trouvé une légère oxydation sur l’aspect fruitier, mais surtout de la texture et densité. Le pinot noir est assez apparent dans le mélange, mais il est accompagné d’agrumes mûrs et d’un bel autolytique crémeux. Aussi savoureux qu’une Madeleine fraiche. Le côté crémeux est débordant, à tel point que l’acidité et l’aspect pétillant sont complètement intégrés à la texture.

Bollinger Rosé

Un rosé légèrement tannique. Encore fortement texturé, pas autant que la cuvée spéciale, mais assez pour être reconnaissable en tant que produit Bollinger. Il a le goût d’une orange amère et de saumon fumé avec une crème à la ciboulette.

Bollinger la grande année 2007

Avec plusieurs autres maisons qui mettent leur 2008 sur le marché, il semble que c’est tout ce que nous entendons de cette époque. Cependant, n’oublions pas le frisson et la qualité de 2007 non plus. La grande Année 2007 n’est rien de moins qu’un Grand Champagne. C’est crémeux et fruité avec des arômes de mangue et de fraise, mais surtout un caractère délicat de pâtisserie, de confiserie. Il est extrêmement parfumé avec une finale douce et veloutée.

Bollinger La grande Année 2007 Rosé

Ce champagne a une complexité générale qui est exceptionnelle, un charme qui réside dans son mélange de fruits rouges / agrumes / orange sanguine / côté floral. Cela lui donne un équilibre évolué mais délicat.

RD 2004

Je serai honnête; Je ne suis pas le client que ce type de champagne appelle. La rudesse et l’étroitesse apportée par un extra brut, peu de dosage doit encore m’impressionner. C’est un délice gastronomique qui manque le plaisir que j’attends du champagne. J’admets que R.D. 2004 est particulièrement précis et mature avec une colonne vertébrale minérale. C’est gras, brillant et la texture ronde aide à contraster le faible dosage.